Economie.

Economie.

 

 

 

S1) Introduction.

 

 

Imaginions que nous discutions ensemble des transformations sociales qui ont affecté nos sociétés au cours des dernières décennies :

  • L’accroissement de la participation des femmes sur le marché du travail.

  • L’émergence du mouvement de libération de la femme.

  • Le report de l’âge du mariage.

Imaginions que je vous dise : « permettez-moi de proposer une explication économique à ces phénomènes ?» Objet : qu’est ce qu’une explication économique ? L’économie étant une science, on ne peut se baser sur l’évolution des mœurs ou la psychologie de l’homme face à sa société. Qu’attendez-vous entendre de moi ? Que signifie l’expression explication économique ? En quoi une explication économique diffère-telle d’une explication sociologique ou politique par exemple ?

 

 

  1. Explication vs donnée.

 

 

Ici, il convient de distinguer soigneusement un ensemble de fait de leur explication. Une accumulation de données sur l'évolution du nombre de femmes ayant une activité professionnelle peut être intéressante mais elle ne consitue pas une explication de la participation de la femme sur le marché du travail. Dans son ouvrage intitulé La science et l'hypothèse., Henri Poincaré nous dit que «Le savant doit ordonner: on fait de la science avec des faits comme on fait une maison avec des pierres: mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierre est une maison.».

Le terme explication signifie qu'il existe une proposition plus générale dont ces faits constituent un cas particulier. On interprète ou comprend ces faits en les reliant à une règle ou loi générale qui est censé les guider. Par exemple les physiciens expliquent le mouvement des objets ordinaires à partir des lois de la mécanique newtonienne. Par ailleurs, on souhaiterait pouvoir appliquer ce même cadre d'analyse à d'autres ensembles de faits, permettant ainsi à l'analyste d'interpréter d'autres ensembles de donné à partir des mêmes principes directeurs. Le développement de ce cadre d'analyse est l'objet de ce cours d'introduction à l'économie.

 

 

  1. Définition de la science économique.

 

L'économie en tant que discipline est une branche des sciences sociales qui étudie la location des ressources rares à des fins alternatives. «La science économique est la science de l'administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l'aménagement de ses ressources; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités.» Raymond Barre, 1959.

Il s'agit d'une définition substantive au sens ou elle renvoie à la classe des phénomènes généralement étudiés par les économistes. Il existe une définition alternative. Cependant il n'existe pas une seule définition de la science économique mais plusieurs. Chaque définition renvoyant à des réalités sous-jacente différente. Ainsi pour de nombreux économistes, l'aspect le plus frappant de la science économique n'est pas son sujet en lui-même mais plutôt le cadre conceptuel dans lequel elle se propose d'analyser les phénomènes énoncés plus haut.

Après tout la sociologie et les sciences politiques s'intéressent également à la question de la vocation des ressources rares et à la manière dont les décisions individuelles y contribuent (Ex: question du vote). Ce que les économistes ont en commun est une méthode ou paradigme dans lequel tous les problèmes sont analysés. Les problèmes qui ne peuvent être analysés à partir du paradigme néoclassique marginaliste sont des problèmes que l'économiste qualifiera de non économique.

 

 

L'histoire des sciences recouvre de nombreux paradigmes et écoles de pensées. En économie, l'école classique à laquelle appartenait Smith, Ricardo et Marx permit d'expliquer la croissance des qualités productives, les gains liés à la spécialité et aux commerces. La science économique est une discipline libérale. Ces fondateurs, dont font partis Smith, Ricardo et Marx, sont aussi des libéraux. Les économistes font partis du libéralisme politique. Cependant, une énigme persistait: le paradoxe diamant/eau. Le paradigme classique qui dépendant largement d'une théorie de la valeur fondée sur les facteurs de production était incapable d'expliquer pourquoi l'eau qui est essentiel à la vie est généralement disponible à un coût modeste tandis que le diamant qui est un bien superflu est cher. Avec l'avènement de l'analyse marginaliste dans les années 1870 et sous l'influence de Jevons, Walras, Marshall, Pareto et d'autres, le paradigme classique fut supplanté. Les problèmes économiques vinrent à être analysés en terme de choix individuel. La valeur était perçue comme déterminé par les préférences de consommateurs et les coûts de production. La valeur attribuée aux biens par les consommateurs n'était plus considérée comme intrinsèque mais plutôt comme déterminée par la quantité disponible de ce bien et des autres biens.

 

 

 

 

S.s1) La question de la valeur.

 

 

Au 18ème siècle l'une des questions les plus controversées parmi les économistes est la question de la valeur. Qu'est-ce qui fait que les choses ont une valeur? C'est à dire que leur propriétaire n'accepte pas de s'en défaire sans contrepartie. La question de la valeur sous-tend (= est à la base de) l'explication des prix qui sont les rapport d'échange entre les objets. L'enjeu est donc important. Deux hypothèses s'affrontent: l'hypothèse de l'utilité et l'hypothèse des coûts de production assimilé au coût du travail. Les théories de la valeur fondées sur la première hypothèse sont dite théories de la valeur d'utilité. Tandis que les autres sont appelées théories de la valeur travail. Ces dernières sont les plus récentes. Elles ont été formulées à partir du 17ème siècle dans les pays de religion reformée, en particulier en Angleterre avec Petty et Smith. Elles fondent la valeur sur le travail incorporé dans les marchandises. Les théories de la valeur utilité remonté à l'Antiquité grecque et plus particulièrement à Aristote. Elles fondent la valeur d'un bien sur la satisfaction ou l'utilité que les individus en retire. Ces deux théories de la valeur reflètent deux conceptions très différentes de l'économie et de la société. En fondant la valeur sur le travail incorporé dans les marchandises, la théorie de la valeur du travail met l'accent sur les processus de production associant le travail des hommes au fonctionnement des machines. Ce qui est mesuré dans un objet ce n'est pas l'addition de travaux individuels bien identifiés mais une sorte de substance homogène que l'on peut appeler du «travail social» selon une expression marxiste. Ainsi la théorie de la valeur travail requiert d'emblée une vision globale de la société. À l’examen des individus eux-mêmes elle préfère l'examen des relations entre individus. Elle fonde donc une analyse structurelle par opposition à une analyse individuelle. Au contraire, la théorie de la valeur utilité relève d'une conception beaucoup plus individualiste de la société. Puisque la valeur des choses se fonde sur l'utilité qu'en on les individus, c'est à ces individus qu'ils convient de se référer en priorité pour connaître leur goût. Chaque individu dument repéré constitue un élément irréductible à l'économie.

L'économie se définit elle-même tout simplement comme l'ensemble de tous ces individus éléments. C'est en ce sens que l'on peut dire que la valeur utilité est à la base de la conception néoclassique de l'économie. Le concept de l'utilité marginale sera présenté pour la première fois de manière cohérente et complète par l'allemand Gossen dans ces lois des relations humaines en 1854. Ses travaux seront repris dans les travaux de trois marginalistes: Menger, Jevons (à Cambridge) et Walras. L'utilité marginale est le supplément d'utilité ou de satisfaction qu'apporte à un individu donné une unité supplémentaire du bien qu'il consomme.

 

 

 

Exemple: Si un cigare supplémentaire fait passer le consommateur sur une échelle de satisfaction du niveau 100 au niveau 110, on dira que l'utilité marginale de ce fumeur attaché à ce cigare supplémentaire est égale à 10.

 

 

Consomme X cigare → satisfaction (utilité du nombre de cigare) 100

             X cigare + 1 →  110

 

U(x+1)-(Ux) = 110-100 = 10 → utilité marginale.

 

 

Dans l'exemple on ne s'appuie pas sur son propre jugement de valeur («fumer est dangereux») pour ce qui est de l'analyse économique.

 

L'idée de l'utilité marginale paraît simple rétrospectivement. Elle tient en deux propositions relative à un individu quelconque. D'abord il est dit que la satisfaction apporté à un individu par la possession d'un bien augmente avec la quantité totale de ce bien. Ensuite, il est admis que toutes unités supplémentaires de ce bien ajouté à l'ensemble déjà possédé apporte à chaque fois un supplément d'utilité (c'est à dire une utilité marginale de plus en plus faible) comme si l'individu se rapprochait asymptotiquement d'un seuil de saturation du besoin du bien dont il est question. En d'autres termes, la première proposition énonce que l'utilité marginale est positive et la seconde énonce que l'utilité marginale est décroissante.

 

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